Beaucoup de gens pensent avoir « le détecteur ». Il en existe trois, ils ne détectent pas la même chose, et aucun ne fait le travail des autres.
Le détecteur de fumée
Il détecte les particules de combustion — donc un départ de feu. C’est le seul des trois qui soit obligatoire : depuis mars 2015, tout logement doit être équipé d’au moins un détecteur autonome avertisseur de fumée (DAAF) à la norme NF EN 14604.
Il se pose au plafond, de préférence dans les circulations qui desservent les chambres, à l’écart de la cuisine et de la salle de bains où la vapeur provoque des déclenchements intempestifs.
Point important : un détecteur de fumée relié à une alarme s’ajoute à l’obligation, il ne l’annule pas — sauf s’il porte lui-même la norme NF EN 14604. Ce qu’il apporte, c’est l’alerte à distance : vous êtes prévenu même absent.
Le détecteur de monoxyde de carbone
Le monoxyde de carbone est inodore, incolore, et ne produit pas de fumée. Un détecteur de fumée ne le voit pas. Il naît d’une combustion mal réglée ou mal ventilée : chaudière, chauffe-eau, poêle, insert, groupe électrogène, barbecue rentré au garage.
Il se pose à hauteur de respiration, dans la pièce où se trouve l’appareil de combustion, à un ou deux mètres de celui-ci. Ni au plafond, ni au ras du sol : le CO a une densité proche de celle de l’air.
Il n’est pas obligatoire en France, ce qui n’en fait pas un accessoire : c’est le seul appareil qui détecte ce danger-là.
Le détecteur de gaz
Il repère une fuite de gaz combustible, avant tout incendie. Et son emplacement dépend entièrement du gaz utilisé :
- Gaz de ville (méthane) — plus léger que l’air, il monte. Le détecteur se pose en hauteur, à une trentaine de centimètres du plafond.
- Butane et propane — plus lourds que l’air, ils descendent. Le détecteur se pose près du sol.
Un détecteur de gaz posé au mauvais niveau ne détectera rien. C’est l’erreur la plus fréquente, et elle est silencieuse : l’appareil s’allume, tout va bien en apparence.
Le tableau, en une phrase chacun
- Fumée : un feu a commencé. Au plafond. Obligatoire.
- Monoxyde : une combustion est mal réglée. À hauteur de respiration, près de l’appareil.
- Gaz : une fuite avant tout incendie. En haut ou en bas selon le gaz.
Deux points que personne ne vous dira à l’achat
Une alarme ne prévient personne d’autre que vous. Un détecteur relié à votre centrale envoie une notification sur votre téléphone. Il n’appelle pas les pompiers. Pour qu’un tiers agisse quand vous êtes injoignable, il faut un contrat de télésurveillance — et beaucoup ne couvrent que l’intrusion, pas l’incendie. Ce qu’il faut vérifier.
Chaque appareil a une pile, et une date de péremption. Les cellules de détection s’usent : la plupart des détecteurs de CO et de gaz ont une durée de vie de cinq à dix ans, marquée sur le boîtier. Un détecteur périmé qui s’allume encore donne une fausse tranquillité — c’est pire que pas de détecteur du tout.
Nous notons les dates de pose et de péremption sur le compte rendu d’installation. Ce que nous installons.
