La question revient dans presque toutes les locations, et la réponse tient en une phrase : tout dépend de la cause. Le droit français distingue l’usage de l’usure.
Le principe
Le décret n° 87-712 du 26 août 1987 fixe la liste des réparations locatives — l’entretien courant et les menues réparations, à la charge du locataire. Tout ce qui relève de la vétusté, de la malfaçon ou de la force majeure reste à la charge du bailleur, qui doit délivrer un logement en état de servir.
Appliqué à une serrure, cela donne trois cas très différents.
Cas 1 — Le locataire a perdu ses clés
C’est à sa charge. La perte relève de son usage, pas de l’usure du bien. Il paie l’ouverture et le remplacement du cylindre.
Deux nuances utiles. Son assurance habitation comporte souvent une garantie « perte de clés » qui prend le relais. Et il n’a en général besoin que du cylindre, pas de la serrure complète — la distinction change la facture du simple au triple. Voir la différence.
Cas 2 — La serrure est usée, grippée, en fin de vie
C’est au propriétaire. Une serrure qui ne tourne plus après quinze ans n’est pas un dommage causé par le locataire : c’est de la vétusté, et le bailleur doit maintenir le logement en état.
Le locataire a intérêt à signaler le problème par écrit dès les premiers signes de dysfonctionnement. Une serrure qu’on force chaque matin finit par casser, et c’est alors la cause du blocage qui se discutera.
Cas 3 — La porte a été forcée
C’est le cas qui se discute le plus. Le logement doit rester en état de servir, ce qui plaide pour une prise en charge par le bailleur. En pratique, c’est très souvent l’assurance qui règle — celle du locataire au titre du vol, parfois celle du propriétaire.
Le réflexe, dans l’ordre : dépôt de plainte, déclaration aux deux assurances, mise en sécurité immédiate de la porte, puis discussion sur la charge finale. La sécurité d’abord, la répartition ensuite.
Deux questions qui reviennent
Un locataire peut-il changer la serrure de lui-même ?
Il peut remplacer le cylindre pour sa sécurité, notamment à l’entrée dans les lieux. En revanche, il devra restituer le logement dans son état d’origine ou remettre les clés du nouveau cylindre au moment de l’état des lieux de sortie. Prévenir le bailleur par écrit évite l’essentiel des litiges.
Le propriétaire peut-il garder un double ?
Détenir un double n’est pas illégal en soi ; s’en servir pour entrer sans l’accord du locataire l’est. Le locataire a droit à la jouissance paisible du logement. Beaucoup de nouveaux locataires font changer le cylindre à leur arrivée pour cette raison, et c’est un choix légitime.
Le bon moment pour y penser
À l’entrée dans les lieux. C’est là que le changement de cylindre coûte le moins cher, qu’il n’y a aucune urgence, et qu’on peut choisir un cylindre à clé protégée — dont la reproduction est réservée au détenteur d’une carte.
Pour un bailleur qui gère plusieurs lots, la question se pose à une autre échelle : un organigramme de clés permet de savoir en permanence qui ouvre quoi, et de recombiner un lot sans toucher aux autres.
Nous ne sommes pas juristes : ces éléments sont donnés pour situer les principes, pas comme un conseil juridique. En cas de litige, une ADIL de votre département vous renseigne gratuitement.
